Nous (pr. pers. de la première personne du pluriel, aux deux genres, pronom personnel des deux genres)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

pr. pers. de la première personne du pluriel, aux deux genres 


. IX e siècle. Issu du latin nos, de même sens.

I. Nous est employé par la personne qui parle, qui écrit, qui pense, pour se désigner elle-même, associée à une ou plusieurs personnes.
1. Dans la fonction de sujet. Nous partons. Quand entrâmes dans la salle, tout le monde se tut. Il se place après le verbe dans des phrases interrogatives ou exclamatives, dans des propositions incises. Où allons- ? Sommes- bêtes ! Ce problème, disions-nous, est loin d'être réglé. Il se place encore après le verbe quand il est complément du présentatif. « Qui est-ce ?

C'est
»
Nous sujet peut être séparé du verbe par une apposition, une proposition relative, un complément circonstanciel, etc. Nous, ses amis les plus proches, l'avons accompagné. Nous-mêmes, qui sommes pourtant les premiers concernés, n'avons été prévenus que très tard. Dans la langue parlée, Nous est repris. Nous, quand cela était nécessaire, l'avons aidé. Nous peut être associé à d'autres sujets. Nos cousins et sommes inséparables. Pour reprendre deux ou plusieurs pronoms sujets dont l'un est à la première personne. Vous et moi, sommes dans le même cas. Eux et , avons été heureux de rencontrer. Ellipt. « Qui a fait cela ?

Nous
»

2. Dans la fonction de complément d'objet. ( Nous se place avant le verbe, sauf dans les phrases affirmatives au mode impératif.) Il observe. Nous regarde-t-il ? Ne interrompons pas. Regardez-nous. Parlez-nous. Allons-nous-en.
3. Précédé d'une préposition, dans la fonction de complément du verbe ou de l'adjectif. Il parle de . Elle vient avec . Êtes-vous content de ? Que cela reste entre . Dans la fonction de complément du comparatif, après la conjonction que. Ils sont plus forts que .
4. En apposition, Nous sert à opposer un groupe de personnes à un autre et à donner plus de force à la phrase. En apposition au sujet. Nous, n'oserions pas faire cela. Mes alliés et moi prétendons, , ne pas agir ainsi. En apposition au complément. On a insultés, ! On a fait cela, à !

II. Emplois stylistiques.
1. Nous désigne au sens large une collectivité à laquelle appartient la personne qui parle, qu'il s'agisse de l'humanité, d'un pays, d'une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc. La Grèce et Rome ont apporté la civilisation. Ce passé que l'Europe envie. Spécialt. Chez , à la maison, dans notre famille, dans notre province, dans notre pays. Venez donc dîner chez ! Chez , les saisons sont très marquées. Fam. Nous autres, qui sommes du même côté, du même avis, du même rang. Vous allez jouer ; autres, allons promener. Vous en jugez ainsi, autres sommes d'un avis différent.
2. Nous était employé par le roi dans les lois, les ordonnances, etc., au lieu de Je ou Moi (on parle alors de pluriel de majesté). Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Il est encore employé par le pape, par les évêques dans leurs mandements ou par quelque personnage important dans l'exercice de ses fonctions. Nous N., certifions que... Nous N., déclarons que... . Nous est employé, au lieu de Je ou Moi, comme pluriel de modestie, par un auteur ou un orateur en parlant de lui-même. Il s'agit d'un élément important ; y reviendrons. Dans ces emplois, l'accord de l'adjectif ou du participe se fait toujours au singulier. Pour notre part, sommes convaincu que ce point de vue finira par l'emporter. Subst., au masculin. Le de majesté. Le de modestie.
3. Fam. Nous s'emploie quelquefois à la place des pronoms personnels Tu, Il, Elle ou Vous, pour exprimer la bienveillance, la condescendance ou l'ironie. Dans cet emploi, lorsque Nous ne représente qu'une personne, l'adjectif ou le participe qui s'y rapporte se met au singulier. Alors, cher neveu, comment allons- ? On lui a souvent fait remarquer qu'elle se trompait, mais sommes opiniâtre, ne voulons pas corriger. Nous faisons le difficile, maintenant ?


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Pronom personnel des deux genres 

de la première personne du pluriel. Il s'emploie comme sujet, comme attribut et comme complément avec ou sans préposition.
Nous, sujet, se place avant le verbe, sauf dans les phrases interrogatives où il le suit. "Nous partons. Où allons-nous?"
Nous peut être attribut : "C'est ."
Nous, complément direct ou complément indirect sans préposition, se place avant le verbe. "Il regarde. Il parle. Nous regarde-t-il? Nous parle-t-il? Ne regardez pas. Ne parlez pas." Toutefois, dans les phrases impératives sans négation, il se place après le verbe. "Regardez-nous. Parlez-nous."
Nous, complément précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe auquel il se rapporte. "Il parle de . Il est contre . On est content de . Il n'a rien dit relativement à . Je vous l'avouerai entre ." Mais on dit familièrement, dans le sens de cette dernière phrase, "Entre soit dit."
Nous se répète lorsqu'on veut insister sur la personne, donner plus d'énergie à la phrase. "Nous, n'oserions pas faire cela. Nous prétendons, , ne pas le faire. On a insultés, ! On a fait cela, à !"
Il se place par répétition après deux ou plusieurs pronoms sujets du verbe et dont l'un est à la première personne. "Vous et moi, sommes dans le même cas. Toi, lui et moi, avons été heureux de rencontrer à cette occasion."
Nous se dit souvent pour désigner une Collectivité dont fait partie la personne qui parle, qu'il s'agisse de l'humanité, d'un pays, d'une province, d'une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc. "La Grèce et Rome ont apporté la civilisation. L'administration que l'Europe envie."
"Chez ," À la maison, dans notre province, dans notre pays.
Fam., "Nous autres", Nous, de notre côté, Nous, tant que sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. "Vous allez jouer, autres allons à la promenade. Vous désirez une grande opulence, autres sommes contents d'avoir le nécessaire."
"Nous-mêmes." Voyez MÊME.
Nous s'employait, au lieu du singulier "Je" ou "Moi," par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc. : "Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit." Il s'emploie encore par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité : "Nous N., certifions. Nous N., déclarons." Un auteur, un orateur le dit quelquefois en parlant de lui-même. Dans cet emploi de "Nous," l'adjectif ou le participe qui s'y rapporte se met au singulier.
Il s'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel "Il" ou "Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais sommes opiniâtre, ne voulons pas corriger."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Nous sujet se place avant le verbe, excepté dans les phrases interrogatives. Nous partirons demain.
CONDIL.: « Partirons- demain ? Soit que élevions, pour parler métaphoriquement, jusque dans les cieux ; soit que descendions dans les abîmes, ne sortons point de -mêmes ; et ce n'est jamais que notre propre pensée que apercevons »
BUFF.: « Le singe, ayant des bras et des mains, s'en sert comme , mais sans songer à »

 2   Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place , sujet, avant et après le verbe. Nous voulons, , que telle chose se fasse.

 3   Nous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe. Il conduit. Il a conduits. Il parlera. Il a parlé. Ne parlez pas. Ne reconduisez pas.
VOLT.: « Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière de l'Oise ; pouvons voir de nos faubourgs [de Paris] la fumée des villages qu'ils [les ennemis] brûlent »
    Il faut en excepter les phrases impératives sans négation. Parlez-nous. Regardez-nous.

 4   Quand le verbe est réfléchi, régime se met avant le verbe. Nous convenions. Nous ne convenons pas. Ne fatiguons pas.
    Il faut excepter les phrases impératives sans négation. Aimons-nous.

 5   Nous est aussi régime des prépositions. On est injuste envers . Une averse est tombée sur . Tout tourne contre . Entre soit dit.
J. J. ROUSS.: « Nous plaignons le sort de l'enfance, et c'est le nôtre qu'il faudrait plaindre, nos plus grands maux viennent de »

 6   Nous se dit collectivement pour exprimer nos compatriotes dans le présent et dans le passé.
VOLT.: « Plus d'un écrivain.... ne fait point de difficulté de dire , nos aïeux, nos pères, quand il parle des Francs qui vinrent des marais delà le Rhin et la Meuse piller les Gaules et s'en emparer ; l'abbé Vély dit ; hé ! mon ami, est-il bien sûr que tu descendes d'un Franc ? pourquoi ne serais-tu pas d'une pauvre famille gauloise ? »
ID.: « Rome autrefois [les habitants de la Gaule] trompa, désunit, massacra, enchaîna »

 7   Familièrement. Nous autres, ce que sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. Vous allez jouer ; autres allons à la promenade.
    Nous deux, vous et moi, lui et moi.
VOLT.: « De deux à l'instant que le coupable expire »

 8   Il s'emploie par répétition, avec deux pronoms dont l'un est de la première personne et l'autre de la deuxième ou de la troisième personne ou un substantif. Vous et moi partirons ensemble. Lui et moi parlerons pour vous. Mon ami et moi restons à la campagne. Il cherche vous et moi.
RAC.: « Ma gloire loin d'ici vous et moi appelle »
RAC.: « Songez-vous quel serment vous et moi engage ? »

 9   Lorsque , employé comme sujet ou comme régime, est joint à un autre nom qui concourt avec ce pronom à former le sujet ou le régime, il faut d'abord mettre avant le verbe, puis le répéter après ce verbe, sans préposition s'il est sujet ou régime direct, avec une préposition s'il est régime indirect, afin de le lier avec le nom qui concourt à former le sujet ou le régime. Nous partirons demain, et nos domestiques. Il a bien traités, et nos amis. Il a donné de l'argent, à et à nos compagnons.

 10   Quand est suivi de qui, on accorde avec le verbe dont qui est le sujet.
MONTESQ.: « Quand , qui vivons sous des lois civiles, sommes contraints à faire quelque contrat que la loi n'exige pas, pouvons, à la faveur de la loi, revenir contre la violence »

 11   Il se prend dans un sens indéterminé.
COLLIN D'HARLEVILLE: « Il faut laisser ici des gens honnêtes, doux, Par -même choisis, qui dépendent de , Qui soient à , de qui lui parlent sans cesse »
    Dans ce sens, il peut se construire avec on.
MOL.: « Au moins en pareil cas est-ce un bonheur bien doux, Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur »
MOL.: « Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi De l'affront que fait son manquement de foi »

 12   Familièrement. Ce que c'est que de ! c'est-à-dire voyez quelle est la chétive condition de l'humanité.
SÉV.: « Il [un cheval] s'est jeté comme un furieux par-dessus les barres, et s'est crevé le coeur ; j'ai dit en le voyant mort, comme M. de Montbazon : voyez ce que c'est de »
REGNARD: « Ce que c'est que de ! moi, cela me confond »
BEAUMARCH.: « Avez-vous vu comme il parlait tout seul ? ce que c'est que de ! »

 13   Il s'emploie au lieu de je ou moi par les personnes qui ont caractère et autorité. Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit.
MARMONTEL: « Dire , quoiqu'on ne soit qu'un, lorsque celui qui parle est un souverain ou une personne constituée en dignité, et qu'elle fait un acte solennel de sa volonté ou de son autorité : usage qui, je crois, prit naissance chez les empereurs romains, lorsqu'ils faisaient semblant de prendre conseil du sénat, et d'exprimer dans leurs édits une volonté collective »
    Alors l'adjectif ou le participe qui y a rapport se met au singulier : Nous, juge de paix soussigné, sommes convaincu, etc.
    Il se dit aussi pour je ou moi par une sorte d'emphase, et sans qu'il s'y attache aucune idée d'autorité.
CORN.: « De notre grandeur seule ayons des coeurs jaloux, Ne vivons que pour , et ne pensons qu'à »
MOL.: « ....Taisez-vous ; Je vous apprendrai bien s'il faut sortir sans »
RAC.: « Pyrrhus revient à ; eh bien, chère Cléone, Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione ? »
MONTFLEURY: « C'est vous qu'on demande. - Eh bien, que veut-on ? »
MARMONTEL: « Je demande pourquoi, dans un écrit qui est l'ouvrage d'un seul homme, l'auteur, en parlant de lui-même, se croit obligé de dire »

 14   Familièrement, il s'emploie au lieu de il ou elle. On l'a fait apercevoir de sa faute, mais ne voulons pas corriger, sommes opiniâtre.

 15   Interrogativement, il se dit pour consulter la ou les personnes avec qui l'on est.
MOL.: « Célimène : Voulons- asseoir ? - Arsinoé : Il n'est pas nécessaire »

 16   Nous-mêmes, voy. MÊME.
    Substantivement, d'autres -mêmes, voy. MÊME.

 17   Dans les phrases où se trouvent en ou y, se met avant ces particules et le verbe. Il en donnera. Il y a conduits. Ne en donnez pas. Ne y conduisez pas.
    Si la phrase est impérative sans négation, se met après le verbe. Menez-nous-y. Donnez-nous-y une place. Donnez-nous-en.

 18   Chez , dans notre maison, dans notre société, dans notre pays.
MOL.: « Il est vrai, notre ami ; peut-être que chez vous Vous trouvez des sujets de craindre pour chez »
VOLT.: « Mon cher philosophe militaire, vous m'aviez mandé, il y a deux mois, que vous passeriez chez , et je vous attendais »

 19   S. m. Le .
LA FONT.: « Calliope : Tu devrais l'obliger, pour l'honneur de ton temple, D'aimer ainsi que - Uranie : Les Muses n'aiment pas. - Calliope : Et qui les en soupçonne ? Ce n'est pas pour ; je parle, en la personne Du sexe en général, des dévotes d'amour »
STAËL: « Ils commençaient à dire ; ah ! qu'il est touchant ce prononcé par l'amour ! »
    Nous s'emploie quelquefois dans le même sens que l'on dit le moi.
D'ALEMB.: « Cet être appelé est formé de deux principes de différente nature, tellement unis, qu'il règne entre les mouvements et les affections de l'un et de l'autre une correspondance que ne saurions ni surprendre ni altérer, et qui les tient dans un assujétissement réciproque »

REMARQUE
    Nous se joint par un trait d'union au verbe et aux particules en et y dans les phrases impératives.

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Eulalie: Tut oram [prions tous] que por nos [elle] degnet preier
    XIème siècle
     St Alexis, CI: Seignor, que faites ? ço dist li apostolie [le pape], Que valt cist crit, cist dol [deuil] en ceste noise ? Chi chi se doilet, à nos otros [à autres] est il goie [joie]
     Lois de Guill. 44: Nus [à ] ne semble pas raison que....
    XVIème siècle
MONT.: « Les reproches que faisons les uns aux aultres »
D'AUB.: « Voilà la huguenotaille à gronder, chacun à part, sans pouvoir dire »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. no ; picard, nos ; wallon, noisez ; provenç. nos ; espagn. et portug. nos ; ital. noi ; du latin nos ; grec au duel, sanscr. nas.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE NOUS. - REM. Ajoutez :

 2   Pour l'emploi de comme pronom réfléchi, voy. SE, Rem. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 10.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



de la première personne, qui est le pluriel de "Je" ou "Moi," et qui est des deux genres.
Il peut être ou sujet, ou régime direct, ou régime indirect. "Nous partons. On observe. On parle. Nous voyons souvent. Nous parlons tout bas." Il est sujet dans la première phrase, régime direct dans la seconde, régime indirect dans la troisième, sujet et régime direct dans la quatrième, sujet et régime indirect dans la cinquième.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



sujet, se place avant le verbe. "Nous partons." Il faut excepter les phrases interrogatives, dans lesquelles il se place après le verbe. "Partons-nous?"
Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place "Nous," sujet, avant et après le verbe. "Nous voulons, , que telle chose se fasse. Nous pensons, , que telle chose doit être."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



régime direct ou indirect, se place avant le verbe. "Il regarde. Il parle. Nous regarde-t-il? Nous parle-t-il? Ne regardez pas. Ne parlez pas." Il faut excepter les phrases impératives sans négation, dans lesquelles il se place après le verbe. "Regardez-nous. Parlez-nous."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



régime, quand il est précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe dont il est le complément. "Il parle de . Il s'en rapporte à . Il est pour , contre . On est content de , injuste envers . Il n'a rien dit relativement à . Je vous l'avouerai entre ." Mais on dit familièrement, dans le sens de cette dernière phrase, "Entre soit dit."
Fam., "Nous autres," Ce que sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. "Vous allez jouer, autres allons à la promenade. Vous désirez une grande opulence, autres sommes contents du pur nécessaire."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie au lieu du singulier "Je" ou "Moi," par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc.: "Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit;" par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité: "Nous N., certifions. Nous N., déclarons." Un auteur, un orateur, le dit quelquefois en parlant De lui-même.
Il s'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel "Il" ou "Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais sommes opiniâtre, ne voulons pas corriger."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


plur. de la 1re pers. Il sert pour le nominatif: "nous" voulons; pour l'acusatif: il "nous" aime; pour le datif: elle "nous" a doné, etc. Il a un aûtre datif, qui est, "; mais celui-ci ne se met qu'à la suite de l'aûtre: il " a" dit " et à vous des injûres. = On le répète aussi au nominatif et à l'acusatif, quand il est suivi de la conjonction et d'un autre nom et au même câs: "nous" avons acheté " et" nos associés: on "nous" a volé " et" nos compagnons. = "Nous" suit les règles de son singulier "moi". Voy. MOI.
   Dans le style familier, on emploie quelquefois "nous" pour "il", "elle", "le". Mde "de Sévigné", parlant de son fils, qui était revenu malade de l'armée sans congé, dit: '"Il" clopine, "il" fait des remèdes; et quoiqu'on "nous" (le) "menace" de toutes les sévérités de l'ancienne discipline, " vivons" (il vit) en paix dans l' espérance que " ne serons point pendus": "nous" causons, "nous" lisons. = On dit, proverbialement, à celui qui dit, "je veux": vous dites, "je veux", et "le Roi dit", " voulons". C'est en éfet le style des Ordonnances: '"Nous voulons", "Nous ordonons".
- Les Auteurs emploient aussi quelque-fois ce style dans les Préfaces et les Avertissemens, par une raison toute contraire, pour éviter l'égologie.




Emplacement dans le dictionnaire :

nourricier
nourrir
nourrissable
nourrissage
nourrissant
nourrissement
nourrisseur
nourrisson
nourriture

nouure
nouveau
nouveau
nouveau ou
nouveau-né
nouveauté
nouvel
nouvelle
nouvellement
nouvelles
nouvelliste




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...I SCÈNE 1 Agamemnon, Le Vieillard Agamemnon Ô vieillard, hâtons-nous : l'heure fuit. Le Vieillard quel souci t'occupe, Agamemnon ? Agamemnon approche. Le Vieillard me voici, et certes ma vieillesse, encore vigilante, n'alourdit pas mes yeux. Agamemnon cette...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...la vie ? On le dit. Agamemnon on le dit : c'est qu'à la vérité cela flatte d'abord ; mais, de cette beauté, la base en est fragile et la chance diverse. Tantôt c'est l'un des dieux, vieillard, qui nous traverse pour un soin négligé ; puis les opinions sujettes à tourner et les dissensions des hommes malcontents nous viennent, de coutume, changer un peu de miel en beaucoup d'amertume. Le...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...en est fragile et la chance diverse. Tantôt c'est l'un des dieux, vieillard, qui nous traverse pour un soin négligé ; puis les opinions sujettes à tourner et les dissensions des hommes malcontents nous viennent, de coutume, changer un peu de miel en beaucoup d'amertume. Le Vieillard qu'un autre en soit touché : je blâme, quant à moi, de semblables discours dans la bouche d'un roi. Non, non, tu...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...de chars et de chevaux ils couvrent ce rivage ; ils brûlent de venger notre commun outrage. Je les commande tous, et c'est pour mon malheur, Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur. Eh quoi ! Nous nous flattons de mettre Troie en cendre déjà de ses débris nous comblons le Scamandre, lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux, dans le calme du port retiennent nos vaisseaux ! Pourquoi...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...et de chevaux ils couvrent ce rivage ; ils brûlent de venger notre commun outrage. Je les commande tous, et c'est pour mon malheur, Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur. Eh quoi ! Nous nous flattons de mettre Troie en cendre déjà de ses débris nous comblons le Scamandre, lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux, dans le calme du port retiennent nos vaisseaux ! Pourquoi...


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