Nous (pr. pers. de la première personne du pluriel, aux deux genres, pronom personnel des deux genres)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| pr. pers. de la première personne du pluriel, aux deux genres |
. IX e siècle. Issu du latin nos, de même sens.
I. Nous est employé par la personne qui parle, qui écrit, qui pense, pour se désigner elle-même, associée à une ou plusieurs personnes.
1. Dans la fonction de sujet. Nous partons. Quand
C'est
» Nous sujet peut être séparé du verbe par une apposition, une proposition relative, un complément circonstanciel, etc. Nous, ses amis les plus proches, l'avons accompagné. Nous-mêmes, qui sommes pourtant les premiers concernés, n'avons été prévenus que très tard. Dans la langue parlée, Nous est repris. Nous, quand cela était nécessaire,
Nous
»
2. Dans la fonction de complément d'objet. ( Nous se place avant le verbe, sauf dans les phrases affirmatives au mode impératif.) Il
3. Précédé d'une préposition, dans la fonction de complément du verbe ou de l'adjectif. Il parle de
4. En apposition, Nous sert à opposer un groupe de personnes à un autre et à donner plus de force à la phrase. En apposition au sujet. Nous,
II. Emplois stylistiques.
1. Nous désigne au sens large une collectivité à laquelle appartient la personne qui parle, qu'il s'agisse de l'humanité, d'un pays, d'une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc. La Grèce et Rome
2. Nous était employé par le roi dans les lois, les ordonnances, etc., au lieu de Je ou Moi (on parle alors de pluriel de majesté). Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Il est encore employé par le pape, par les évêques dans leurs mandements ou par quelque personnage important dans l'exercice de ses fonctions. Nous N., certifions que... Nous N., déclarons que... . Nous est employé, au lieu de Je ou Moi, comme pluriel de modestie, par un auteur ou un orateur en parlant de lui-même. Il s'agit d'un élément important ;
3. Fam. Nous s'emploie quelquefois à la place des pronoms personnels Tu, Il, Elle ou Vous, pour exprimer la bienveillance, la condescendance ou l'ironie. Dans cet emploi, lorsque Nous ne représente qu'une personne, l'adjectif ou le participe qui s'y rapporte se met au singulier. Alors, cher neveu, comment allons-
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Pronom personnel des deux genres |
de la première personne du pluriel. Il s'emploie comme sujet, comme attribut et comme complément avec ou sans préposition.
Nous, sujet, se place avant le verbe, sauf dans les phrases interrogatives où il le suit. "Nous partons. Où allons-nous?"
Nous peut être attribut : "C'est
Nous, complément direct ou complément indirect sans préposition, se place avant le verbe. "Il
Nous, complément précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe auquel il se rapporte. "Il parle de
Nous se répète lorsqu'on veut insister sur la personne, donner plus d'énergie à la phrase. "Nous,
Il se place par répétition après deux ou plusieurs pronoms sujets du verbe et dont l'un est à la première personne. "Vous et moi,
Nous se dit souvent pour désigner une Collectivité dont fait partie la personne qui parle, qu'il s'agisse de l'humanité, d'un pays, d'une province, d'une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc. "La Grèce et Rome
"Chez
Fam., "Nous autres", Nous, de notre côté, Nous, tant que
"Nous-mêmes." Voyez
Nous s'employait, au lieu du singulier "Je" ou "Moi," par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc. : "Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit." Il s'emploie encore par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité : "Nous N., certifions. Nous N., déclarons." Un auteur, un orateur le dit quelquefois en parlant de lui-même. Dans cet emploi de "Nous," l'adjectif ou le participe qui s'y rapporte se met au singulier.
Il s'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel "Il" ou "Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Nous sujet se place avant le verbe, excepté dans les phrases interrogatives. Nous partirons demain.
CONDIL.: « Partirons-
BUFF.: « Le singe, ayant des bras et des mains, s'en sert comme
2 Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place
3 Nous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe. Il
VOLT.: « Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière de l'Oise ;
Il faut en excepter les phrases impératives sans négation. Parlez-nous. Regardez-nous.
4 Quand le verbe est réfléchi,
Il faut excepter les phrases impératives sans négation. Aimons-nous.
5 Nous est aussi régime des prépositions. On est injuste envers
J. J. ROUSS.: « Nous plaignons le sort de l'enfance, et c'est le nôtre qu'il faudrait plaindre, nos plus grands maux
6 Nous se dit collectivement pour exprimer nos compatriotes dans le présent et dans le passé.
VOLT.: « Plus d'un écrivain.... ne fait point de difficulté de dire
ID.: « Rome autrefois
7 Familièrement. Nous autres, ce que
Nous deux, vous et moi, lui et moi.
VOLT.: « De
8 Il s'emploie par répétition, avec deux pronoms dont l'un est de la première personne et l'autre de la deuxième ou de la troisième personne ou un substantif. Vous et moi
RAC.: « Ma gloire loin d'ici vous et moi
RAC.: « Songez-vous quel serment vous et moi
9 Lorsque
10 Quand
MONTESQ.: « Quand
11 Il se prend dans un sens indéterminé.
COLLIN D'HARLEVILLE: « Il faut laisser ici des gens honnêtes, doux, Par
Dans ce sens, il peut se construire avec on.
MOL.: « Au moins en pareil cas est-ce un bonheur bien doux, Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur
MOL.: « Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi De l'affront que
12 Familièrement. Ce que c'est que de
SÉV.: « Il [un cheval] s'est jeté comme un furieux par-dessus les barres, et s'est crevé le coeur ; j'ai dit en le voyant mort, comme M. de Montbazon : voyez ce que c'est de
REGNARD: « Ce que c'est que de
BEAUMARCH.: « Avez-vous vu comme il parlait tout seul ? ce que c'est que de
13 Il s'emploie au lieu de je ou moi par les personnes qui ont caractère et autorité. Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit.
MARMONTEL: « Dire
Alors l'adjectif ou le participe qui y a rapport se met au singulier : Nous, juge de paix soussigné, sommes convaincu, etc.
Il se dit aussi pour je ou moi par une sorte d'emphase, et sans qu'il s'y attache aucune idée d'autorité.
CORN.: « De notre grandeur seule ayons des coeurs jaloux, Ne vivons que pour
MOL.: « ....Taisez-vous ; Je vous apprendrai bien s'il faut sortir sans
RAC.: « Pyrrhus revient à
MONTFLEURY: « C'est vous qu'on demande. - Eh bien, que
MARMONTEL: « Je demande pourquoi, dans un écrit qui est l'ouvrage d'un seul homme, l'auteur, en parlant de lui-même, se croit obligé de dire
14 Familièrement, il s'emploie au lieu de il ou elle. On l'a fait apercevoir de sa faute, mais
15 Interrogativement, il se dit pour consulter la ou les personnes avec qui l'on est.
MOL.: « Célimène : Voulons-
16 Nous-mêmes, voy. MÊME.
Substantivement, d'autres
17 Dans les phrases où se trouvent en ou y,
Si la phrase est impérative sans négation,
18 Chez
MOL.: « Il est vrai, notre ami ; peut-être que chez vous Vous trouvez des sujets de craindre pour chez
VOLT.: « Mon cher philosophe militaire, vous m'aviez mandé, il y a deux mois, que vous passeriez chez
19 S. m. Le
LA FONT.: « Calliope : Tu devrais l'obliger, pour l'honneur de ton temple, D'aimer ainsi que
STAËL: « Ils commençaient à dire
Nous s'emploie quelquefois dans le même sens que l'on dit le moi.
D'ALEMB.: « Cet être appelé
REMARQUE
Nous se joint par un trait d'union au verbe et aux particules en et y dans les phrases impératives.
HISTORIQUE
Xème siècle
Eulalie: Tut oram [prions tous] que por nos [elle] degnet preier
XIème siècle
St Alexis, CI: Seignor, que faites ? ço dist li apostolie [le pape], Que valt cist crit, cist dol [deuil] en ceste noise ? Chi chi se doilet, à nos otros [à
Lois de Guill. 44: Nus [à
XVIème siècle
MONT.: « Les reproches que
D'AUB.: « Voilà la huguenotaille à gronder, chacun à part, sans pouvoir dire
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. no ; picard, nos ; wallon, noisez ; provenç. nos ; espagn. et portug. nos ; ital. noi ; du latin nos ; grec au duel, sanscr. nas.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE NOUS. - REM. Ajoutez :
2 Pour l'emploi de
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
de la première personne, qui est le pluriel de "Je" ou "Moi," et qui est des deux genres.
Il peut être ou sujet, ou régime direct, ou régime indirect. "Nous partons. On
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
sujet, se place avant le verbe. "Nous partons." Il faut excepter les phrases interrogatives, dans lesquelles il se place après le verbe. "Partons-nous?"
Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place "Nous," sujet, avant et après le verbe. "Nous voulons,
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
régime direct ou indirect, se place avant le verbe. "Il
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
régime, quand il est précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe dont il est le complément. "Il parle de
Fam., "Nous autres," Ce que
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie au lieu du singulier "Je" ou "Moi," par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc.: "Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit;" par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité: "Nous N., certifions. Nous N., déclarons." Un auteur, un orateur, le dit quelquefois en parlant De lui-même.
Il s'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel "Il" ou "Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
plur. de la 1re pers. Il sert pour le nominatif: "nous" voulons; pour l'acusatif: il "nous" aime; pour le datif: elle "nous" a doné, etc. Il a un aûtre datif, qui est, "à
Dans le style familier, on emploie quelquefois "nous" pour "il", "elle", "le". Mde "de Sévigné", parlant de son fils, qui était revenu malade de l'armée sans congé, dit: '"Il" clopine, "il" fait des remèdes; et quoiqu'on "nous" (le) "menace" de toutes les sévérités de l'ancienne discipline, "
- Les Auteurs emploient aussi quelque-fois ce style dans les Préfaces et les Avertissemens, par une raison toute contraire, pour éviter l'égologie.
Emplacement dans le dictionnaire :
| nourricier nourrir nourrissable nourrissage nourrissant nourrissement nourrisseur | nourrisson nourriture nouure nouveau nouveau nouveau ou | nouveau-né nouveauté nouvel nouvelle nouvellement nouvelles nouvelliste |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)...I SCÈNE 1 Agamemnon, Le Vieillard Agamemnon Ô vieillard, hâtons-nous : l'heure fuit. Le Vieillard quel souci t'occupe, Agamemnon ? Agamemnon approche. Le Vieillard me voici, et certes ma vieillesse, encore vigilante, n'alourdit pas mes yeux. Agamemnon cette...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...la vie ? On le dit. Agamemnon on le dit : c'est qu'à la vérité cela flatte d'abord ; mais, de cette beauté, la base en est fragile et la chance diverse. Tantôt c'est l'un des dieux, vieillard, qui nous traverse pour un soin négligé ; puis les opinions sujettes à tourner et les dissensions des hommes malcontents nous viennent, de coutume, changer un peu de miel en beaucoup d'amertume. Le...
Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...en est fragile et la chance diverse. Tantôt c'est l'un des dieux, vieillard, qui nous traverse pour un soin négligé ; puis les opinions sujettes à tourner et les dissensions des hommes malcontents nous viennent, de coutume, changer un peu de miel en beaucoup d'amertume. Le Vieillard qu'un autre en soit touché : je blâme, quant à moi, de semblables discours dans la bouche d'un roi. Non, non, tu...
Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...de chars et de chevaux ils couvrent ce rivage ; ils brûlent de venger notre commun outrage. Je les commande tous, et c'est pour mon malheur, Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur. Eh quoi ! Nous nous flattons de mettre Troie en cendre déjà de ses débris nous comblons le Scamandre, lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux, dans le calme du port retiennent nos vaisseaux ! Pourquoi...
Citation n°5 de Jean MORÉAS (Iphigénie)
...et de chevaux ils couvrent ce rivage ; ils brûlent de venger notre commun outrage. Je les commande tous, et c'est pour mon malheur, Vieillard, que j'ai reçu cet éclatant honneur. Eh quoi ! Nous nous flattons de mettre Troie en cendre déjà de ses débris nous comblons le Scamandre, lorsque toujours les vents, suspendus sur les eaux, dans le calme du port retiennent nos vaisseaux ! Pourquoi...
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